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Mars 1999 - Camp de VOZUCA

 

Nous avons pu constater, lors de notre convoi humanitaire à destination de la Bosnie, du 21 au 26 mars dernier, que la situation est catastrophique pour les populations réfugiées de SREBRENICA dans les camps, populations qui voient leur effectif gonflé par l'arrivée massive de réfugiés KOSOVARS depuis 10 mois maintenant.

 

Sur le camp de VOZUCA (20 km de TUZLA), les conditions de vie sont déplorables, 3.000personnes vivent dans ce village habité avant la guerre par les SERBES. Il n'y a aucune assistance médicale, excepté la présence sur le camp d'un vieux médecin de 80 ans, exténué, seul, sans moyens. Une infirmière, membre de l'association, faisait partie du voyage, il voulait qu'elle reste sur place afin de l'aider à assurer un suivi ambulatoire, inexistant à l'heure actuelle. Ils manquent de tout ; quelques jours avant notre arrivée, il nous a dit avoir dû amputer une vieille femme des deux jambes, vraisemblablement pour un problème de diabète et par manque d'insuline.

 

Dans l'ancienne usine désaffectée de COCA COLA à SARAJEVO, les réfugiés KOSOVARS croupissent derrière des parois de carton et de bois. Dans une pièce insalubre, une femme est ses 4 enfants en bas âge et malades ont été découverts.

 

Sur le camp de "GLADNO POLJE" (traduction de "Le camp de la faim"), une jeune combattante de l'UCK témoigne : elle a vu des KOSOVARS, jetés vivants dans des fosses ; pour elle, déjà fin février 1999, il y a bien plus de 2.000 morts, elle parle de 10 à 15.000 morts. Les techniques des MILICES SERBES sont toujours les mêmes que celles mises en pratique en BOSNIE pendant le génocide perpétré de 1992 à 1999 : la torture, le viol, la perversion, l'humiliation, la mort…

 

Des situations alarmantes nous seront signalées également aux pourtours d'autres villes plus à l'Est, KLJUC, SANSKI MOST… villes bien connues de SAGMINA, où nous avons raccompagné des familles lors de l'intervention des ACCORDS DE DAYTON en 1996.

 

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que les EXACTIONS DE MILOSEVIC, ont débuté au KOSOVO depuis bien longtemps, pour s'intensifier maintenant, et qu'au moment même où des "bêlements" s'élèvent pour la paix, MILOSEVIC s'arrime à sa politique de destruction et de mort.

 

Il ne faut pas oublier que ces crimes ont débuté en 1992 en BOSNIE, que SARAJEVO a été pilonnée par les TROUPE SERBES pendant 4 ans . que pendant 4 ans, des ENFANTS BOSNIAQUES ont vécu l'horreur, la torture, vu leurs mères égorgées (témoignage recueilli personnellement auprès d'une petite fille de 6 ans à l'orphelinat de TUZLA), vu le viol de leurs sœurs, vu le meurtre de leur père et frères âgés de plus de 10 ans. Sur le camp de VOZUCA, les dessins d'enfants, 3 ans après le génocide, traduisent toujours l'expression du vécu de la mort.

 

Comment oublier ce que j'ai vu à l'hôpital du KOSEVO de SARAJEVO, des jeunes filles (14, 15 ans) avec tentatives de suicides répétées, ne pouvant pour l'une d'entre elles oublier le corps de son petit frère "réduit en bouillie" après l'explosion d'une bombe, des enfants (toujours dans ce même hôpital) de ) ans, bébés au moment des événements, soumis à des traumatismes répétés dus aux pilonnages intensifs pendant 3 ANS ?

 

Comment oublier, parmi les 30 enfants originaires de SREBRENICA, arrivés en 1995 à CARQUEIRANNE, ce petit garçon de 6 ans, le cou brûlé et qui urinait de peur dans son lit toutes les nuits ?

 

Comment oublier et accepter ces morts, dont les corps pourrissent encore dans le COMMEMORIAL CENTER DE TUZLA (corps extraits des charniers de SREBRENICA, photos à disposition), CORPS SANS IDENTITE ET SANS SEPULTURE. DENI DE L'HUMAIN… POURQUOI ? AU NOM DE QUOI ?