| Quand la
Thérapie se conjugue
avec l'Action Humanitaire
L'association SAGMINA dispose d'une approche très
originale, mettant en relation des malades mentaux en quête de réinsertion avec les
populations ciblées par ses actions humanitaires.
Ce pont jeté entre un établissement français en
charge de la réinsertion de jeunes âgés de 18 à 35 ans, souffrant de troubles
psychologiques, et ces populations de Bosnie, en quête d'une lueur d'espoir vers un
avenir meilleur, provoque une fabuleuse réaction source créatrice de liens sociaux, de
remise en question, suivie d'un élan de reconstruction.
D'un côté, l'association des Bois
Saint-Joseph, basée à La Crau (Var), en charge de la réinsertion des
malades mentaux,
De l'autre l'Association Sagmina,
à la recherche de forces vives et motivées pour déployer et mettre en oeuvre ses
actions de terrain en Bosnie.
Associer les patients des Bois Saint-Joseph à
chacun des projets de Sagmina suppose une longue préparation avant le déploiement de la
mission sur le terrain, recrée une dynamique dans la vie de ces patients et un lien
social.
Ou
quand la difficulté tends la main à la difficulté
Le sentiment d'être inutile fait progressivement
place à un engagement dans le projet humanitaire, mettant en retrait les difficultés
personnelles pour aller au devant des autres, et l'on constate un véritable "électrochoc
par l'humanitaire".
L'action Humanitaire fait part entière de la
Thérapie, les psychiatres et psychologues jouant à la fois un rôle de thérapeute et de
guide au sein de l'association humanitaire, les patients étant pour leur part à la fois
" consommateur " d'une thérapie et acteurs du projet humanitaire.
Nos
actions en quelques mots

Les efforts de l'association Sagmina
se sont portés jusqu'à présent sur l'aide de première nécessité
aux différents camps des villes de SREBENICA, TUZLA, MIHATOVICI, VOZUCA, SARAJEVO...
Ces aides se sont traduites par de nombreux
convois affretés par Sagmina depuis la France pour ces différents
camps, chaque convoi permettant d'apporter de l'aide pour plus de 1500 personnes.
Depuis la création de l'association, une vingtaine de convois
se sont succédés, apportant vêtements, couvertures, chaussures, aide alimentaire,
matériel scolaire, visant à soutenir dans leur quotidien des populations déracinées et
totalement démunies.
A chaque fois des
bénévoles associés aux patients se sont impliqués dans les différentes
phases de l'organisation de missions, la participation active et efficace des patients a
surpris les différents intervenants. Dans ces situations difficiles liées à la fatigue
du voyage, aux incessants contrôles policiers et douaniers, aux passages dans des zônes
hostiles, les patients se sont révélés particuliérement adaptés, négociant parfois
plus facilement que les autres des moments anxiogènes.
Dans ces démarches, il a pu être
constaté, que les positions de soignant ou de soignés, s'inversaient totalement et que
les patients dans un processus d'indentification et de mise à distance de leur propre
problèmatique, faisaient expérience d'une autre façon d'être et se découvraient des
compétences, jusque là déniées par eux-mêmes et par les autres.
Ainsi de convoi en convoi, tout un
réseau relationnel s'est tissé au travers du territoire Bosniaque. L'Association a
acquis des connaissances précises, des itinéraires et de leurs difficultés, des
modalités culturelles d'appréhension des populations et des situations. Certains membres
de l'équipe se sont familiarisés au SERBO CROATE, ce qui facilite des échanges
authentiques. Dans bien des villes, villages, camps de réfugiés, l'Association dispose
de relais, de connaissances qui permettent une appréhension permanente et précise des
besoins.
Sagmina a aussi raccompagné
une dizaine de familles dans diverses régions (KIJUCSANSKI-MOST, JACJE ,
ZENICA , SAPNA , SARAJEVO...), des familles que l'association continue à soutenir lors de
ses différentes missions sur le terrain.
Sagmina, a aussi organisé le voyage et
l'opération d'un enfant Bosniaque en France, blessé aux yeux durant les conflits armés
en Bosnie, et qui sans cette intervention chirurgicale, aurait perdu l'usage de la vue.
Enfin, tout ce travail, ne peut se
faire qu'en réseau avec d'autres associations (en France, en Italie et en Bosnie)
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